Depuis mi-avril dernier, nous vivons la sinistrose aiguë. Or, sur le plan fondamental, rien ou presque ne justifie de telles exagérations.
« Pour rétablir nos finances, il faut déclarer la guerre à la Suisse, puis la perdre afin d’être envahis et disposer enfin d’une monnaie forte » (Coluche)
Chère Madame, Cher Monsieur,
La plaisanterie de Coluche a de quoi faire réfléchir. Les attaques de l’Union européenne contre notre pays se font moins virulentes depuis que celle-ci se rend compte, vu son endettement, qu’elle pourrait bien « avoir besoin d’un plus petit que soi ».
Quant aux Etats-Unis, malgré l’accord UBS, ils vont continuer à essayer d’appliquer le droit du plus fort : c’est une constante chez eux et les sourires de Barak Obama n’y changeront rien. A nous tous de rester vigilants et fermes.
Depuis mi-avril dernier, nous vivons la sinistrose aiguë. Or, sur le plan fondamental, rien ou presque ne justifie de telles exagérations.
Quelques rappels de faits :
Les données macro-économiques
Elles s’améliorent, qu’il s’agisse de la croissance, du chômage, de la productivité, pour ne citer que les critères essentiels. Seul gros problème : l’endettement des Etats des vieilles économies occidentales.
À l’exception de la Suisse, de la Scandinavie, de l’Autriche, de la Hollande, les Etats ont un endettement colossal ; mais tous se mettent à y remédier : ça prendra du temps.
N’oublions tout de même pas que ce sont des pays comme la Chine, l’Inde ou encore le Brésil qui sont le moteur de croissance mondiale, avec des taux de croissance de l’ordre de 6 à 8 %.
Les sociétés privées
Les résultats du 1er trimestre ont été remarquables. Nous sommes convaincus que, dans la majorité des cas, ils seront bons pour le 2e trimestre de cette année. La croissance en avril de l’industrie américaine est la plus forte depuis plus de 6 ans.
Les prévisions des instituts de recherche économique
Elles sont toutes revues à la hausse, les deux dernières date étant celle d’Economie suisse et du BAK (Basel Economics Forum) ; ces deux instituts ont analysé.
Les PME suisses (qui font plus de 95 % du tissu économique) et arrivent à des conclusions très encourageantes : une croissance de 1.9 % pour l’année 2010 et de 1,7 % pour l’année 2011.
Dès lors, pourquoi les marchés d’actions baissent-ils pareillement ?
Notre réponse est la suivante : la sinistrose ambiante n’est pas un hasard, mais elle est orchestrée depuis pas mal de temps par certains acteurs de la finance (surtout à New-York et à Londres) et ce, par le biais des hedge funds et du « uncovered short selling ».
Le problème est maintenant reconnu et la plupart des Etats sont en train d’interdire cette pratique.
En effet, comment mettre en parallèle la situation catastrophique de la Grèce, petit pays sans importance économique quelconque sur le plan mondial (env. 11 millions d’habitants, soit 0.15 % de la population mondiale) et la croissance extraordinaire de la Chine, de l’Inde et du Brésil (à eux trois env. 2.5 milliards d’être humains, soit 37 % de la population mondiale) ?
La réponse est simple, la peur est un produit qui se vend très facilement.
Jacques Attali et ses élucubrations qui sentent le marc de café contribue à entretenir la trouille et sont hélas plus écoutées que les analyses sérieuses de Pictet, qui voit les actions reprendre du poil de la bête dans les mois qui viennent.
Comment expliquer autrement que les investisseurs se ruent sur des obligations rapportant 0.4 % en CHF. Et négligent des actions de sociétés comme Roche, Nestlé ou encore Crédit Suisse, qui rapportent au minimum 4 % ?
Pour terminer, permettez une comparaison avec ce qui se passe aux Championnats du Monde de football en Afrique du Sud.
Les équipes qui jouaient pour ne pas perdre (Italie, France, Grande-Bretagne, voire la Suisse) sont reparties la queue entre les jambes. C’est l’exemple de cette société à risque zéro que la pensée gauchisante veut imposer.
C’est une très bonne leçon et une sorte d’éloge involontaire à M. Nicolas Hayek, qui vient de nous quitter et qui a incarné l’esprit d’entreprise, la ténacité, le dynamisme, le courage, la confiance et l’optimisme, qui sont les fondamentaux du libéralisme économique.
Dès lors, patience. Nos deux principes de choix exclusif de valeurs de qualité et de persification, tant sur le plan monétaire que sur le plan des secteurs économiques, nous permettrons de passer sans encombre cette période de sinistrose.
