L’ambiance sur les marchés boursiers est tout simplement calamiteuse.
Quand M. Warren Buffet parle de Pearl Harbor, quand M. Daniel Borel parle de tsunami ; ils ont raison mais ils font immédiatement la distinction avec la situation économique et financière de leurs sociétés.
Et c’est là le point essentiel : permettez-nous de passer en revue les résultats des sociétés que nous avons choisies pour vous ; il faut en effet s’attacher aux faits et non pas aux bruits, rumeurs et commentaires plus superficiels et négatifs les uns que les autres.
- Logitech
Le n°1 mondial des souris informatiques n’a pas de dettes, des liquidités pour 450 millions de dollars.
- Galencia
13e année de file battant record sur record tant pour le chiffre d’affaires que pour le bénéfice.
Bénéfice 2008 en hausse de 40 % par rapport à celui de 2007.
- Siemens
Au dernier trimestre 2008, revenu opérationnel en hausse de 23 % par rapport à 2007.
Les multiples plans de relance leur profiteront pleinement.
En outre, les carnets de commande sont pleins jusqu’à fin 2010.
- Nobel Biocare
Le leader européen des implants dentaires a augmenté le cash flow opérationnel en 2008 de 26 % par rapport à 2007.
- Geberit
Le leader européen dans le domaine sanitaire a pratiquement réalisé le même chiffre d’affaires qu’en 2007, année record.
Dans le Sud Est asiatique, le chiffre d’affaires a augmenté de 20 % et au Moyen-Orient de 19 %.
Le résultat opérationnel sera plus élevé en 2008 qu’en 2007, où il s’est monté à 554 millions de francs suisses.
- Nokia
Le n°1 de la téléphonie mobile a 37 % du marché mondial.
Le bénéfice net en 2008 s’est monté à 4 milliards d’euros.
- ING
La société a présenté une perte de 780 millions d’euros en 2008. Dans le contexte actuel, c’est un résultat remarquable.
Elle a en outre réalisé un afflux d’argent frais de 300 millions d’euros, alors que tous ses concurrents perdent des clients et de l’argent.
Les primes encaissées en 2008 se sont élevées à 43 milliards d’euros et les fonds en gestion se montent à 551 milliards d’euros.
En outre, ING a engagé Jan Hommen comme CEO ; ce dernier a assaini et restructuré avec succès le géant hollandais Philips.
- UBS
La perte de 19 milliards en 2008 est due principalement à des amortissements de 33 milliards de francs suisses.
Les fonds en dépôts se montent à fin 2008 à 2'174 milliards de francs suisses. L’UBS est ainsi toujours le n°1 incontesté dans ce domaine.
Les mesures prises pour corriger les erreurs commises dans le passé commencent à porter leurs fruits, si bien que UBS a pu réduire le montant des actifs toxiques transférés à la Banque Nationale de 60 milliards de dollars à 39 milliards.
M. Marcel Rohner, CEO, a affirmé la semaine passée que les trois divisions, à savoir les crédits, le private banking et l’investment banking, seraient à nouveau rentables en 2009.
La bataille fiscale avec les USA est une attaque de plus contre la place financière suisse et son secret bancaire.
- Swiss Life
Le n°2 de l’assurance en Suisse vient de présenter ses résultats 2008 : le bénéfice net est de 340 millions de francs suisses.
Toutes les autres nouvelles sont excellentes et tordent le cou aux bruits insistants d’insuffisance de fonds propres et de nécessité d’augmentation de capital.
Si l’on ajoute à ces résultats qui nous concernent directement, ceux remarquables publiés ces dernières semaines par des sociétés telles que Novartis, Roche, Syngenta, Zurich Assurances, Kuoni, Julius Baer, Lem, Schindler, Givaudan, Coop et Nestlé, il y a une question fondamentale à se poser.
Le Bourse, qui a toujours été un miroir plus ou moins déformant de la réalité économique des sociétés, reflétait tout de même des tendances générales de l’économie et elle précédait celles-ci d’environ 6 à 9 mois.
Le fait-elle aujourd’hui ? Notre réponse est catégorique : non, et ce pour deux raisons principales :
a) Les réglementations en vigueur sont tout à fait dépassées ; elles ne tiennent absolument pas compte de l’évolution de l’information, grâce à l’informatique et internet. Et la désinformation est devenue un jeu d’enfants.
b) L’autorisation du short selling (vente à découvert) par les hedge funds a permis toutes les outrances.
Dans ce genre d’opération, quelques fausses mauvaises nouvelles savamment distillées permettent de garantir à leurs auteurs les baisses sur les titres qu’ils ont décidé de « shorter ».
L’exemple de la banque Julius Baer qui, le jour de la présentation de ses résultats 2008, voit son cours baisser de plus de 40 % en un petit quart d’heure et ce, sur la base d’une lettre anonyme envoyée à la Commission des banques et déclarant que Julius Baer a falsifié ses résultats, est un exemple frappant.
Nous y reviendrons plus en détail dans un prochain courrier.
Pour l’instant, une chose est sûre : si l’on peut comprendre que le pessimisme touche des sociétés qui ont des résultats de mauvaise qualité, il n’y a aucune justification aux baisses abyssales de titres dont les sociétés ont réalisé de remarquables résultats en 2008 et qui ont des perspectives fort intéressantes en 2009. L’exemple Nestlé, qui a des résultats exceptionnels (18 milliards de bénéfice net) et qui a baissé en une année de plus de 37 %, parle de lui-même.
Ne nous étonnons pas lorsque M. Jim Goodnight, fondateur de SAS Institute, n°1 dans le domaine de l’information statistique aux Etats-Unis, dit : « C’est merveilleux de ne pas être coté en bourse ».
En attendant de nouvelles réglementations plus modernes et plus conformes à la réalité actuelle et, espérons-le, l’interdiction du « short selling », nous maintenons notre stratégie en nous limitant à des valeurs de première qualité et en diversifiant le risque, tant sur le plan monétaire que sur le plan des marchés et des secteurs économiques ; les excès dont nous sommes tous victimes actuellement se corrigeront ; dès lors, une fois de plus, patience et prudence.
